Le plateau réuni mélange confirmations, heureuses surprises et perplexités. Dans les rôles secondaires de Berta et de Fiorello, Natalizia Carone et Yannis Vassilakis tirent leur épingle du jeu avec aisance. Pas de surprise avec Lorenzo Regazzo : son Basilio est l'intrigant de la tradition, mais moins cauteleux, plus franchement filou, parce que d'un sans gêne qui est probablement le fruit d'une longue impunité, et jouant la candeur avec une effronterie réjouissante. Son air de la calomnie s'écoute bouche ouverte, tant il est, comme on dit en Italie, da manuale, et la scène du second acte où il tarde à s'en aller est habilement. Délivré des difficultés les plus ardues du rôle Elia Fabbian compose un Bartolo crédible par sa tenue scénique sans jamais en faire une caricature. En Almaviva Dionigi D'Ostuni est pour nous une belle découverte : un timbre qui n'est pas sans rappeler parfois celui de Juan Diego Florez, une émission saine, de la résistance, une voix homogène, des aigus clairs et faciles, de la souplesse même si en gagner ne nuirait pas, et un physique agréable, ce jeune ténor a bien des atouts. C'est aussi le cas de Concetta d'Alessandro, qui remplaçait Laura Polverelli initialement annoncée ; la voix est souple, ample, l'agilité satisfaisante et le comportement scénique très vivant. Toutefois le timbre est si clair qu'on finit par se demander s'il s'agit bien d'un mezzo-soprano, car le registre grave ne subjugue pas. Dans le rôle-titre Cüneyt Ünsal, fortement applaudi mais dont l'engagement dramatique ne supplée pas pour nous un timbre sans séduction particulière et une virtuosité un peu en deçà de nos attentes et qui semble en outre peiner à la fin du premier acte probablement pour avoir trop poussé auparavant. Enfin le chur de la Schola San Rocco remplit parfaitement son rôle dans les finales des deux actes.
Le Théâtre Olympique affichait complet pour cette représentation et n'a pu satisfaire toutes les demandes. Les chanceux, parmi lesquels de nombreux étrangers, ont salué par de longues ovations les artisans de cette séduisante résurrection.
Settimane Musicali al Teatro Olimpico - Contrà San Pietro 67, 36100 Vicenza - e-mail: info@olimpico.vicenza.it